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L’art trans chamanique

par Philippe Godin, dans le blog La Diagonale de l’Art du journal Libération

Il y a bien longtemps – pour paraphraser Hegel — que nous ne nous agenouillons plus avant de pénétrer dans un temple, et que «nous sommes éloignés des intentions et des sentiments des hommes de Lascaux.» Ces curieux animaux et créatures-fétiches qui semblent venir d’Afrique ou d’Océanie, réalisent en fait la synthèse monstrueuse de la taxidermie et de l’art du carnaval : des perles et des tissus chamarrés avec les sobres prunelles des bêtes figées pour l’éternité. Mêlant foi populaire et pensée magique, cet artiste nous présente des travaux qui, dans tous les sens du terme, invitent au tête-à-tête. Les bêtes de Benoît Huot nous hantent une fois qu’on les a dévisagées !

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Benoit Huot

dans Artpress n°42, 2016

Benoit Huot habille et prépare des animaux empillés. Des corps qu’une personne a pris soin de figer dans le temps pour célébrer un exploit de chasse, pour vivre avec le souvenir d’un être animal ou plus prosaïquement pour orner un intérieur. Une fois abandonnés, ils sont stockés, exposés et vendus. L’artiste part à leur recherche sur les brocantes et marchés. Par le passage entre la vie et la mort, ainsi que par la décontextualisation de la présence, le corps empaillé connaît une autre existence, étirée, dans le temps, que Benoit Huot souhaite magnifier par l’invention de rituels, d’ornementations, de symboles et de rites…

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Les étranges chimères de Benoit Huot

par Marine Relinger dans Télérama, 2015

« Oublié pendant 20 ans, cet artiste atypique crée des fétiches envoûtant à base d’animaux empaillés. Portées par un succès soudain, ses œuvres utopistes, sont à l’affiche de deux expositions parisiennes… »

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Benoit Huot, « un passeur d’âme »

par Antoine de Galbert (propos recueillis par Roxana Azimi) dans Le Quotidien de l’Art, 2015

Il y a des oeuvres qui ne se réfèrent à aucune histoire formelle. Faute de courage ou de vision, les “préposés au tri” les qualifient généralement d’infréquentables et de mauvais goût. Une oeuvre doit pourtant s’inscrire loin de ce que l’on connaît déjà (au risque d’être isolée, ignorée, voire méprisée) en flirtant avec ce mauvais goût sans jamais s’y adonner totalement. Passionnant no man’s land visuel dans lequel le collectionneur prend finalement un risque identique…

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Transhumances

par Olivier Cena dans Télérama, 2013

Ce sont des animaux empaillés posés sur un socle, le tout recouvert d’une multitude de choses clinquantes : passementerie, tissus orientaux, crucifix en plastique, Sacré-Cœur, bouts de ficelle, fleurs artificielles, jouets, etc… Malgré le trop plein d’objets, les œuvres évitent l’écueil du kitch. Peut-être parce qu’elles regardent du côté des fétiches primitifs, de la magie et de l’art brut : elles ressemblent à de gigantesques gris-gris. Mais il y a autre chose. Les couleurs, les tissus et leurs motifs mêlés rappellent les recherches décoratives de Delacroix, et plus tard de Matisse. Du fouillis qui compose les œuvres de Huot naît une élégance ambigüe, à la fois sauvage et raffinée.

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Maison rouge, l’intime et ses allers-retours

par Maurice Ulrich dans L’Humanité, 2012

…Œuvre étonnante et inclassable d’un artiste resté en marge, mais dont on peut s’étonner qu’il le soit. Benoit Huot propose ainsi des animaux naturalisés habillés de velours, de rubans, de colliers, de porcelaine marine, qui forment véritablement un étrange monde entre les contes de fées et un cortège funéraire nous accompagnant dans une traversée de ténèbres.

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